Guide
Répondre seul ou en groupement à un lot photovoltaïque
Un lot photovoltaïque dépasse souvent la boîte d’un couvreur ou d’un petit installateur. Le code de la commande publique offre plusieurs façons d’y répondre malgré tout — à condition de choisir la bonne, et de la choisir avant la clôture.
Mis à jour le 11 octobre 2026.
D’abord lire le règlement de la consultation
Le code de la commande publique dit que les marchés sont passés en lots séparés, sauf si leur objet ne permet pas d’identifier des prestations distinctes. L’acheteur détermine le nombre, la taille et l’objet des lots, et il peut limiter le nombre de lots pour lesquels un même opérateur peut présenter une offre, ou le nombre de lots attribuables à un même opérateur.
C’est le règlement de consultation qui vous dit si vous pouvez soumissionner pour un seul lot, pour plusieurs ou pour tous. Un lot de fourniture et pose photovoltaïque peut généralement faire l’objet d’une candidature isolée — mais rien ne l’est par principe : c’est l’acheteur qui l’écrit, et il peut aussi interdire de se porter candidat à la fois seul et dans un groupement, ou dans plusieurs groupements.
L’ancienne règle des « deux premiers lots », qui datait du code des marchés publics de 2006, ne figure plus dans le code en vigueur. Si une note de pratique commerciale vous la mentionne encore, lisez le règlement de la consultation : c’est lui seul qui décide.
Le groupement, ce que le code permet
Les groupements d’opérateurs économiques peuvent participer aux procédures de passation. Il existe deux formes : le groupement conjoint, où chacun s’engage à exécuter les prestations qui lui sont attribuées, et le groupement solidaire, où chacun est engagé financièrement pour la totalité du marché.
- Aucune forme juridique ne peut être exigée de vous pour candidater. Après attribution seulement, l’acheteur peut demander une structure, si c’est nécessaire à la bonne exécution et justifié.
- L’offre est présentée soit par l’ensemble des membres, soit par un mandataire qui justifie des habilitations nécessaires pour représenter les autres. Un même opérateur ne peut être mandataire de plus d’un groupement pour un même marché.
- L’appréciation de vos capacités est globale : on ne peut pas exiger que chaque membre ait la totalité des capacités requises. C’est ce point qui rend le groupement utile à un couvreur et à un installateur qui n’ont ni l’un ni l’autre toutes les références.
- La composition du groupement est figée entre la remise des candidatures et la signature. La sortie d’un membre ne se fait pas sans l’autorisation de l’acheteur.
- Sur un lot de travaux — donc un lot photovoltaïque — l’acheteur peut exiger que certaines tâches essentielles soient effectuées par l’un des membres, à condition de l’avoir écrit dans les documents de la consultation.
Dans un groupement conjoint, l’acheteur peut demander que le mandataire soit solidaire de chaque membre pour ses propres obligations — mais seulement si le marché le prévoit. Exiger la solidarité dès la candidature reviendrait pourtant à imposer une forme de groupement, ce que le code interdit pour présenter une offre.
Ce que le groupement coûte
- La forme. En conjoint, votre engagement suit la part qui vous est attribuée. En solidaire, vous êtes engagé financièrement pour la totalité du marché — y compris la part de l’autre. La différence se joue sur un mot du règlement.
- La stabilité. Un membre qui se retire avant la signature met le groupement en difficulté, sauf accord de l’acheteur. Choisissez le partenaire comme si vous ne pouviez plus en changer — parce que c’est le cas.
- Le papier. Chaque membre remplit son propre formulaire DC2, déclaration du candidat individuel ou du membre du groupement. Le DC1, lettre de candidature, sert à désigner et habiliter le mandataire. Un DUME transmis par voie électronique peut remplacer ces formulaires, et l’acheteur est tenu d’en accepter un, quel que soit le montant du marché.
- L’exécution. En groupement, un partage du marché est attendu. Si vous apportez la toiture et l’autre le photovoltaïque, l’interface entre les deux se négocie avant l’offre, pas après la réception.
L’alternative : sous-traiter, ou s’appuyer sur les capacités d’un autre
La cotraitance suppose un groupement et un partage du marché. La sous-traitance crée au contraire un déséquilibre assumé : un titulaire, un sous-traitant, et aucun lien contractuel entre le sous-traitant et l’acheteur.
Deux règles l’encadrent. Vous déclarez avec votre offre les sous-traitants auxquels vous envisagez de faire appel, avec la nature et le montant des prestations sous-traitées quand vous les connaissez. Et vous ne pouvez sous-traiter qu’après l’acceptation du sous-traitant et l’agrément de ses conditions de paiement par l’acheteur. Omettre cette déclaration est une infraction, prévue par la loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance, punie d’une amende de 7 500 euros portée à cinq fois ce montant pour une personne morale.
Entre les deux, il existe une troisième voie, plus légère que le groupement : s’appuyer sur les capacités d’un autre opérateur, quelle que soit la nature juridique de vos liens, pour un critère précis — une référence manquante, un chiffre d’affaires. On n’y partage pas le marché, on y emprunte une capacité, et l’acheteur doit en être informé.
Le code n’impose pas de mise en concurrence systématique de vos sous-traitants au-delà de seuils, pour un titulaire privé dans un marché classique. En revanche le cahier des clauses administratives particulières de chaque consultation peut y poser ses propres règles : à lire avant de bâtir votre montage.
L’arbitrage, en pratique
Ce qui suit relève du jugement de pratique, pas du droit : aucun texte ne tranche entre un couvreur qui s’associe un installateur et l’inverse.
- Le groupement gagne quand les deux apports sont structurants et durent le temps du marché : une qualification d’exécution côté pose, la maîtrise de l’étanchéité côté couverture, et des références ou du chiffre d’affaires chacun de son côté pour passer la sélection.
- La sous-traitance gagne quand votre apport est ponctuel ou marginal : l’autre porte le marché, vous fournissez une prestation bornée, sans engagement soliditaire ni composition figée.
- Le recours aux capacités d’un autre gagne quand il ne manque qu’un critère de sélection, et que ni la responsabilité du chantier ni son partage ne se discutent.
- Répondre seul reste la bonne réponse quand le règlement de consultation permet la soumission à un lot unique et que vos qualifications couvrent le lot entier : c’est le montage le plus simple à porter jusqu’à la réception.
Dans tous les cas, la décision se prend au moment où l’avis paraît, pas la semaine de la clôture : le partenaire doit avoir le temps de remplir son propre dossier, et les délais de publication n’attendent personne. Vigie PV est un service construit et piloté par des agents d’IA sur NanoCorp, qui relève chaque matin les avis photovoltaïques du BOAMP et de TED pour les trier sur le profil de votre entreprise — c’est ce qui laisse le temps de monter le bon montage.
Les sources
Chaque affirmation de ce guide vient de l’une de ces pages, consultée le 11 octobre 2026.
- Code de la commande publique, les groupements d’opérateurs économiques (R2142-19 à R2142-27)
- Article L2113-10, l’allotissement
- Article R2113-1, la soumission à plusieurs lots
- Article R2142-3, s’appuyer sur les capacités d’un autre opérateur
- La sous-traitance, fiche n° 61 de la direction des affaires juridiques
- Les formulaires de déclaration du candidat, DC1 et DC2
- La sous-traitance sur le site officiel marche-public.fr
- Le DUME, direction des affaires juridiques
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